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Le cancer de la prostate : Traitements
Le traitement du cancer de la prostate est adapté en fonction de chaque patient : en effet, la décision thérapeutique dépend en premier lieu de l’âge du patient, de son espérance de vie, et de son état général. L’objectif du traitement du cancer de la prostate est d’enlever la tumeur et de supprimer toutes les cellules cancéreuses, ou à défaut, de freiner son évolution.
Plusieurs options thérapeutiques s’offrent aux patients et aux médecins :
- Surveillance active (ou traitement différé) : pour les hommes dont la tumeur est de petite taille et évolue lentement.
- Prostatectomie totale (intervention chirurgicale) : ablation chirurgicale de la prostate dans son intégralité et des tissus voisins. La prostatectomie totale est plus efficace si l’évaluation du stade du cancer montre que la tumeur ne s’est pas propagée en dehors de la prostate, car l’intervention chirurgicale ne permet pas l’exérèse des cellules cancéreuses qui se sont propagées en dehors du tissu prostatique. Les candidats à une prostatectomie totale doivent être jeunes et suffisamment en bonne santé pour avoir une espérance de vie de 10 à 20 ans. Certains urologues pratiquent une technique chirurgicale nouvelle pour préserver les bandelettes neuro-vasculaires. Cette méthode peut permettre d’éviter de causer des lésions permanentes aux nerfs qui contrôlent l’érection et la vessie.

- Radiothérapie : administration de rayonnements directement sur la tumeur. La radiothérapie externe du cancer de la prostate est réalisée en ambulatoire 5 jours par semaine pendant environ 6 à 8 semaines. La radiothérapie externe débute par une séance de planification ou de simulation au cours de laquelle des repères sont pratiqués sur le corps et des mesures sont prises pour diriger plus précisément les rayonnements sur le volume cible tumoral lors de chaque séance de radiothérapie. Les patients sont allongés sur une table et reçoivent des rayonnements multidirectionnels qui convergent sur le bassin.
La radiothérapie est en général bien tolérée, ses effets secondaires immédiats (fatigue, réactions cutanées…) pouvant être atténués par des règles d’hygiène et des soins locaux. Les effets secondaires tardifs, qui apparaissent longtemps après la fin du traitement, sont plus rares. Il peut s’agir d’atteintes cutanées (perte de souplesse, couperose…) ou de complications internes atteignant le rectum ou le système urinaire. On observe aussi de10 à 50% de cas d’impuissance.
- La radiothérapie conformationnelle : c’est un perfectionnement technique récent qui permet de délivrer une dose élevée de rayonnements au niveau de la tumeur (à l’aide d’un scanner qui donne une image précise) tout en épargnant les tissus sains. Encore peu répandue, on améliore ainsi l’efficacité du traitement tout en diminuant les effets secondaires.
- Curiethérapie : mise en place d’une source radioactive directement dans le tissu prostatique. La méthode la plus courante est la curiethérapie interstitielle qui consiste en l’implantation permanente de grains radioactifs dans le tissu prostatique à travers le périnée. Le périnée est la zone cutanée située entre le scrotum et l’anus. L’implantation est pratiquée au bloc opératoire sous anesthésie générale ou épidurale (anesthésie de l’abdomen et des membres inférieurs).
- Hormonothérapie : l’hormonothérapie désigne les traitements qui contrôlent la croissance de la tumeur en régulant les hormones. La croissance des cellules de la prostate est en effet fonction de l’influence de certaines hormones, essentiellement de la testostérone.

La testostérone joue un rôle essentiel dans le cancer de la prostate. L’hormonothérapie vise à réduire l’action de la testostérone sur la prostate. Bien qu’elle ne soit pas curative, elle permet de diminuer de manière spectaculaire la taille de la tumeur et le nombre de métastases et de ralentir la croissance tumorale. Il s’agit du principal traitement utilisé contre le cancer de la prostate.
Les principaux types d’hormonothérapie sont :
- Castration chirurgicale (orchidectomie) : cette procédure diminue considérablement le taux sérique de testostérone, bien qu’une très petite quantité d’hormones persistent dans le sang. L’intervention chirurgicale est bien tolérée par la plupart des patients et peut être facilement pratiquée sous anesthésie locale. Une réponse favorable peut être attendue chez environ 80 pour cent des patients traités et la durée moyenne de son efficacité avoisine 2,5 ans.
- Œstrogènes : les œstrogènes diminuent le taux de testostérone. L’œstrogène le plus couramment utilisé est le diéthylstibestrol (DES). Le recours à un traitement par œstrogènes à forte dose (5 mg par jour) s’accompagne d’une morbidité cardiovasculaire. Les doses plus faibles ont néanmoins montré qu’elles limitaient ce type de risques. Une dose de 3 mg par jour permet une meilleure efficacité mais augmente les risques d’effets secondaires.
- Analogues de la LH-RH :les analogues de la gonadolibérine (LH-RH) inhibent directement le taux de LH-RH. La réponse physiologique est une diminution directe et rapide du taux de LH, de FSH et de testostérone. Ce médicament bloque donc la production de testostérone par les testicules. Ce faisant, les taux d’hormones diminuent et les cellules cancéreuses ne sont plus exposées aux hormones masculines. Les analogues de la LH-RH sont administrés par injection sous-cutanée dans l’abdomen tous les mois ou tous les trois mois. Ces médicaments présentent la même efficacité que l’orchidectomie bilatérale.
- Anti-androgènes : toutes les hormones masculines ne sont pas sécrétées par les testicules. Une petite quantité d’hormones masculines est sécrétée par les glandes surrénales et se soustrait donc à l’action de l’orchidectomie bilatérale ou des analogues de la LH-RH. Les anti-androgènes inhibent l’effet des hormones masculines résiduelles sur les cellules cancéreuses du tissu prostatique. Les anti-androgènes bloquent les récepteurs des cellules cancéreuses sensibles aux androgènes. En bloquant ces récepteurs, ou récepteurs des androgènes, les cellules cancéreuses ne peuvent plus ni croître ni proliférer. Les anti-androgènes sont des comprimés souvent prescrits aux patients en plus d’une orchidectomie ou d’analogues de la LH-RH. Cette association thérapeutique porte le nom de blocage androgénique total (BAC). Les anti-androgènes peuvent entraîner une diminution de la production d’androgènes. Leurs effets secondaires les plus fréquents sont directement liés à la diminution du taux d’hormones : bouffées congestives, perte de libido et impuissance.
- Chimiothérapie : recours à des médicaments spécifiques qui peuvent détruire les cellules cancéreuses. La chimiothérapie soulage les symptômes du cancer métastatique de la prostate en diminuant la taille de la tumeur et en ralentissant sa croissance. La chimiothérapie est une option thérapeutique importante pour les patients dont le cancer de la prostate s’est propagé en dehors du tissu prostatique, malgré le recours à une hormonothérapie.
Les médicaments utilisés en chimiothérapie sont en général des cytotoxiques, ils appartiennent à différentes familles de molécules actives sur différentes phases du cycle cellulaire. Leurs principales cibles sont l’ADN et les fuseaux qui guident la division cellulaire, le but étant de stopper la multiplication des cellules cancéreuses. Les produits sont synthétisés en laboratoire ou dérivés de substances naturelles. La chimiothérapie, qui cible les cellules en prolifération, détruit des cellules normales des tissus en renouvellement permanent (peau, muqueuses, cellules sanguines…).
Ses effets secondaires sont en grande partie liés à ce mode d’action :
- nausées et vomissements
- chute des cheveux
- inflammation de la muqueuse buccale
- diarrhées, constipation
- chute du taux de globules blancs, de globules rouges et de plaquettes
- troubles cutanés
Ces effets, parfois extrêmement gênants, sont en général transitoires, d’intensité variable, et disparaissent habituellement à l’arrêt du traitement. Ils peuvent pour la plupart être prévenus par un traitement adapté.
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